15-02-04
Départ et faux-départ
Mi-juin 2003, départ pour trois mois de mission en Océan Indien. Mais avant même de passer le détroit de Messine, entre la Sicile et l'Italie, il nous faut faire demi-tour : un problème de fuite d'huile sur la ligne d'arbre, il faut réparer en bassin. Faute de place à l'arsenal de Toulon, nous faisons notre escale technique à Marseille. Nouveau départ.
Poste de manoeuvre général. Ah tiens, mais c'est moi en bas à gauche :-)
Ca parait pas comme ça, mais une aussière mouillée, ça pèse !!!
NB : Pour les marins d'eau douce : l'aussière, c'est la "corde" (Ô Dieu des boscos, je m'excuse de ce terme blasphématoire) qui permet l'amarrage du bateau. Oui, c'est le truc mouillé, sale et qui pue que l'on prend à pleines mains, sous les ordres sifflés du bosco (le manoeuvrier qui dirige le ballet des pauvres équipiers suants), pour s'en aller, joyeux, naviguer sur la mer jolie...
Au bassin à Marseille. Notre petite frégate a eu droit à un bassin spacieux et confortable. Mais ce n'est rien par rapport à ce qui l'attendait au pays de l'or noir...
Ouverture des vannes, remplissage du bassin, et nouveau départ.
C'en est terminé de notre belle escale exotique. Car ne venez pas me soutenir que Marseille c'est la France. J'en vois déjà qui me traitent de raciste (la mode de la susceptibilité sans doute). Que nenni !!! La cité phocéenne est un monde à elle toute seule, pleine de couleurs, de vie, d'accents chantants, de cultures se cotoyant, se mêlant, s'entremêlant et plus si affinités... Imprégné de cette vie, le marseillais devient alors reconnaissable entre mille, par ce mélange de soleil, d'accent, de fierté... et d'exagération !!!
Ô mon bateauuuuuu .....
Portés par la grâce de Neptune nous avons tôt fait de traverser la Grande Bleue. Devant nous se dressent les charmes de l'Orient.
Canal de Suez
Le sable s'écarte devant la proue du navire, permettant le passage du convoi maritime. Le désert avale les bateaux, la chaleur écrase les hommes sur leurs coques en tôle. L'Exode est rejouée, mais le film est à l'envers. Moïse à traversé la mer à pieds secs, nous traversons le désert en bateau. Bienvenue sur le canal de Suez. Ici, la mer ne tient qu'à un fil. Ou plutôt les mers, la Rouge et la Méditerranée.
Pour moi, modeste français, c'est ici que s'ouvre l'inconnu. Au revoir Occident, bonjour Orient. C'est le début véritable de l'aventure, de la découverte, de la mission toute-puissante (ou presque), des primes significatives...
La navigation dans le canal se fait par convois, un descendant et un montant par jour, qui se croisent dans le lac Amer, dans la partie sud. Pour nous, loin d'être de tout repos, cette traversée est marquée par des mesures de vigilance accrues, pour cause de terrorisme possible. A vos casque lourds matelots (et autres), et n'oubliez pas vos bouteilles (d'eau, bien sûr)...
La rive noyée dans la brume du petit matin
L'eau au milieu des dunes
Une navigation sous haute surveillance.
Le convoi montant. Souvenez-vous ce DVD acheté à l'été 2003... Il est peut-être dans un de ces bateaux, en provenance directe de Chine.
Djibouti
Djibouti est notre première véritable escale. Tant attendue, comme on peut l'imaginer, après nos péripéties de départ.
C'est aussi mon premier pas sur mon troisième continent, après l'Europe et l'Asie : l'Afrique. Le dépaysement est total... La chaleur est étouffante, la misère est partout, mais pas de panique pour nos djiboutiens, passés maîtres dans l'art de profiter des nombreux marins qui se relaient au fil des escales. "Allez, achète-moi ça, c'est rien pour toi, mais pour nous c'est beaucoup" : c'est le leitmotiv des vendeurs à la sauvette, poursuivis dans la rue par des policiers en tong armés d'un sifflet et d'un bout de bois en guise de matraque. Mais comment leur en vouloir, quand ils nous voient débouler, pleins aux as (aux normes locales bien sûr), et avides de divertissements après nos périodes de mer...
C'est là que se trouve le problème. Djibouti s'est adaptée aux marins. Taxis, bars, prostituées éthiopiennes venues illégalement gagner quelque argent (les fameuses "nayes"), tout est fait pour que le marin de base trouve son lot de boisson et autre. Les bars arborent les souvenirs des nombreux bateaux qui y ont fait escale, et à la nuit tombée, lorsque tout l'équipage s'est réparti entre les quelques troquets de la ville, on ne fait plus la différence entre la ville et le carré du bateau. C'est le début de la débauche, qui va durer toute la nuit, et recommencera ainsi tous les soirs... C'est glauque, c'est Djibout' ...
Heureusement, pour ceux qui arrivent à dépasser cet aspect, il y a aussi le vrai visage de l'Afrique : le marché, les taxis délabrés rafistolés avec trois boulons, les biquettes dans la rue, la vie, colorée, bruyante, le khat, sorte d'herbe euphorisante que les djiboutiens mâchent à longueur de journée, comme les boliviens la coca, et qui leur donne un sourire verdâtre si original...
Ce tableau folklorique est toutefois balancé par des réalités plus dures. Les bâtiments sont délabrés. En me promenant au milieu de la ville déserte (j'étais sorti dans l'après-midi avant la fin de la grosse chaleur), je m'attendais à voir surgir les Blackhawks de "La chute du Faucon Noir". La ville, clairement construite dans le style colonial, est restée quasiment telle qu'elle depuis l'indépendance. Les murs ont simplement vieillis, pas de la plus belle des façons.
Et partout, des panneaux de prévention du Ministère Djiboutien de la Santé rappelle que le Sida fait des ravages...
Ce ne fut pas la plus belle escale de ma mission. Mais certainement une des plus grandes leçons de vie. Vous qui vous plaignez sans cesse, venez voir les rues en terre battue, les maisons délabrées, les yeux hagards des mâcheurs de khat, la vie soumise de la prostituée éthiopienne, et vous reviendrez en voyant, non pas le peu qui vous manque, mais tout ce que vous avez.
C'est sur ces réflexions que je vous invite à reprendre la mer. Rejoignons quelques temps la force alliée en pleine lutte contre le terrorisme en mer d'Arabie, tout en gardant en point de mire notre prochaine escale...
En mer
Une mission, ce n'est pas que des escales, c'est aussi des activités en mer (si si !!!). La majeure partie du temps est consacrée aux entraînements. Ce qui ne nous a pas empêché de pister quelques navires suspects, en visiter quelques uns, d'effectuer une ou deux évacuations sanitaires au profit de marins blessés...
Je vous présente notre petit animal de compagnie, le Lynx. Surveillance de zone, lutte anti sous-marine, évacuation sanitaire (evasan), liaison entre les navires... Il sait tout faire cet animal.
Et voilà le Lynx avec le chien jaune. Le chien jaune c'est l'homme qui coordonne les manoeuvres d'appontage de l'hélicoptère, et qui "aboie" ses ordres. Il est reconnaissable à son maillot jaune (d'où le nom de chien jaune...)
Une autre activité importante, les ravitaillements en mer. Comme il n'y a pas beaucoup de stations services en mer, on se fait livrer en carburant, kérozène et eau par bateau. Souvent avec des pétroliers-ravitailleurs étrangers. Le pétrolier et le ravitaillé naviguent côte à côte, et le transfert se fait par des manches passées sur des filins d'acier. C'est une manoeuvre dangereuse, impressionnante, mais qui permet parfois quelques fantaisies. Traditionellement, le ravitailleur agrémente les longs temps d'attente pendant lesquels les cuves se remplissent avec de la musqiue. Ce qui nous a permis d'apprécier un bon gros rap qui tâche et Mariah Carey lors de nos ravitaillements avec les américains...
Voilà, on voit à l'arrière la manche de gasoil venant du pétrolier. Sur la plage de manoeuvre, la fonction de chacun est indiquée par la couleur de son casque. Le casque vert, c'est moi. Je suis palettiste, c'est-à dire qu'avec mes petites palettes de couleur, je transmets des indications de manoeuvre au pétrolier.
La coopération internationale : la banière étoilée et le pavillon de la marine japonaise, nationalités des pétroliers qui nous ont ravitaillés. Tremble Ousama, le monde est contre toi...
Un japonais sera toujours un japonais... Mais outre ce petit cliché (dans les deux sens du terme), il faut bien reconnaître qu'ils sont hyper disciplinés ces petits bonhommes. Celui qui n'a pas a bouger est au garde-à-vous, celui qui doit agir a des gestes réglés au millimètre. Rien à voir avec les franchouillards en face qui discutent, blaguent, prennent le soleil en attendant leur tour d'entrer en action (voir ci-dessus...).
Outre ces quelques activités ponctuelles, les plus spectaculaires et photogéniques, les quotidien est quand même moins festif. Quarts qui se succèdent jour et nuit, briefing opération, programmations chamboulées par la contrainte opérationnnelle, le tout ponctué par les repas au carré... Pour certains, on n'est pas loin du boulot-dodo. Et je souhaite dire ici mon admiration pour les mécanos, qui travaillent à fond de cale dans une atmosphère pouvant atteindre 50 à 60° dans ces régions, et qui , entre le quart, le carré et la niche (surnom des lits à bord) passent parfois toute la période en mer (quelques jours à 2 semaines) sans voir le ciel...
Royaume du Barhein
Bienvenue au pays du pétrole. Barhein est un petit royaume du Golfe constitué d'îles, pour quelques kilomètres carrés entre le Qatar et l'Arabie Saoudite. Mais la force de Barhein, c'est son pétrole. Et qui dit pétrole dans le Golfe dit .... Etats-Unis. Manama, la capitale, est le siège de la plus grande base navale américaine du Golfe. C'est chez eux que nous avons fait escale. Mon premier véritable contact avec des vrais américains.
Le port américain se résume à une longue jetée en dur de 500 ou 600m, le long de laquelle sont amarrés tous les bateaux de la coalition en escale : américains, britaniques, grecs, polonais... L'entré de la jetée est surveillée en permanence par un véhicule armé d'un mitralleuse lourde. La base est à quelques pas. Pour y entrer, rien de plus simple : passage dans un sas pour piéton, vérification de l'identité par un soldat en casque lourd et armé jusqu'aux dents (souvenez-vous des GI's qui envahissent vos écrans télé à l'heure des infos...), fouille par un autre de ses collègues, et le tout supervisé par le gradé de permanence... Une fois cette épreuve passée, welcome home boy !!!!
Petits bâtiments de brique rouge, pelouses impeccables, groupes de soldats courant au pas et en chantant, si ce n'était la chaleur on se croirait aux Etats-Unis. D'ailleurs, pas d'autochtones en vus, à part les videurs de poubelles. La monnaie en cours est le dollar. Pas la peine de sortir ses poulouts (surnom donné à la monnaie locale à l'étranger), ils sont bannis ici.La base américaine est donc une petite colonie, où le soldat profite des infrastructures gracieusement mises en place par son administration : piscine, salle de muscu, supermarché, salle internet. Ce brave Oncle sam pense à tout, même à fournir la serviette à son soldat qui vient à piscine, et dans les vestiaires, une espèce de machine semblable à un essore-salade automatique permet de repartir avec un maillot quasi-sec.
Le soldat américain en campagne ne connait pas le pays. Il vit dans son enclos, c'est un colon. Ce qui, forcément, n'attire pas la sympathie de la population locale dans ces régions très sensibles où, des Emirats à l'Irak, "nous sommes tous frères"...
Mais cette vie de reclus n'est pas ma philosophie d'escale. Entre deux scéances de piscine chez les ricains, je me suis donc balladé en ville et découvert cette ambiance si spéciale des pays du golfe, ou les souks cotoient les banques, les riches arabes roulent en Ferrari pendant ques les ouvriers indo-pakistanais (les "pakos") font la manche au bord de la rue ou travaillent sur des chantiers avec 45° à l'ombre.
Un résumé du Golfe : des bureaux et une mosquée, la richesse du pétrole et la religion.
Emirats Arabes Unis : Abu Dhabi
Abu Dhabi, capitale des Emirats Arabes Unis, notre deuxième étape dans le Golfe. On retrouve la même ambiance qu'à Manama, avec encore un peu plus de richesses.
Une escale attendue aussi pour des raisons commerciales : les Emirats sont réputés pour leur matériel électronique bon marché. C'est ainsi que, alors que c'était le début des appareils photos numériques en France, nous avons fait une commande groupé de 25 appareils à l'hypermarché Carrefour d'Abu Dhabi, situé à côté de Ikea, au rez de chaussée d'une galerie commerciale où l'on peut aussi trouver Sephora, Quiksilver, un cinema, une fête foraine et acheter des bateaux de course... Bienvenue au pays de la démesure. diificile de croire que dans les années 70, les populations locales élevaient des chèvres dans le désert. Mais deuis on a découvert du pétrole...
Et pourtant, à côté de tout cela, la vie est ridiculement bon marché. Hors de question de se déplacer à pied sous une chaleur humide étouffante, alors que le taxi, climatisé, nous prend 10 francs (1,5€ pour ceux qui ont du mal à convertir) pour traverser la ville...
De grands immeubles de verre ....
.... alignés le long de grandes avenues ....
.... et des décorations urbaines originales.
Emirats Arabes Unis : Dubaï
L'escale de Dubaï n'était pas prévue au programme initial. Mais la réparation rapide faite à Marseille n'a pas résisté à un filet de pêche accroché dans notre tentative pour rattraper un navire suspect, et il faut donc la reprendre. Or les bassins de réparation dans la région sont à Dubaï. Nous ferons donc quatre jours de plus au bassin. Comme Abu Dhabi et Manama, Dubaï est une ville du Golfe : richesse pétrolière, grands immeubles etc... Mais elle se démarque de ses consoeurs par une démesure plus grande encore : îles artificielles, Burj Al-arab, piste de ski artificielle... Les médias vous relatent presque chaque jour cet aspect sur lequel je ne vais pas m'étendre.
Entre services, courrier (je suis vaguemestre à bord) et demi-journée travaillée, je n'ai pas vraiment profité de la ville en elle-même. La faute (bien que je ne le regrette pas) à une après-midi passée dans le désert, suivie d'une soirée en plein air.
Au bassin à Dubaï. Une frégate dans un emplacement prévu pour des super-pétroliers. Ca ne se voit peut-être pas, mais la façade rouge et noire sur la droite, ce n'est pas un mur, c'est un super tanker. Je vous laisse faire la comparaison...
Welcome in Dubaï
L'alcool étant interdit par l'Islam, le Golfe est au jus de fruits ce que l'Italie est aux glaces.
Dans le désert de Dubaï (une dizaine de kilomètres de la ville...)
Non, vous ne rêvez pas, je suis bien en train de faire du snow-board sur une dune de sable. Mais que les amateurs de sensations fortes ne se fassent pas d'illusion, le sable ça glisse pas. Je n'avais jamais fait de snow-board avant (ça se voit?), mais c'est un bon délire. Sauf qu'il faut remonter à pied, qu'il fait chaud et qu'on s'enfonce dans le sable...
Le soir, petit barbecue dans une espèce de chamellerie reproduite pour les touristes. Alors pour fêter ça, un petit tatouage au henné .... Mais le temps que la pâte pénêtre la peau, ça brûle !!!!
Rien de tel qu'une petite danse pour digérer... Et n'allez pas me parler d'ivresse, les boissons non alcoolisées étaient gratuites, les bières payantes (influence islamique). Pour une fois donc, les marins ont passé une soirée sans alcool. La fête en devient plus folle il paraît...
Inde
Bombay, une escale qui s'annonçait dépaysante. Mais c'était sans compter sur un événement pour le moins inattendu. Le matin de notre accostage, une bombe explose en centre-ville, au Mc Do et près de la Porte des Indes. Bilan : 150 morts. Du coup, nous ne pouvons descendre à terre.
Le motif de l'explosion sera connu un peu plus tard. Une histoire de luttes interreligieuses à l'occasion d'un pélerinage ayant lieu une fois tous les 12 ans. Et il a fallu que ça tombe ce jour-là ....
Bombay vu de la mer. Sur la droite, la Porte des Indes.
Le but de notre escale était la participation à un exercice anti sous-marin en coopération avec les indiens. A l'issue de l'exercice, nous sommes donc repartis directement vers Djibouti. Au revoir terre indienne, que je n'ai foulée que pour la corvée de poubelles...
Arabie Saoudite
Après être repassés deux jours à Djibouti, nous arrivons à Djeddah, en Arabie Saoudite.
Tout comme à Manama et à Dubaï, les profits de l'or noir sont palpables. Mais ce qui frappe d'abord le visiteur, c'est le poids de la religion. Consignes d'arrivée en escale : pas de revue à terre (le moindre programme télé comme on en trouve en France est considéré comme pornographique, je ne parle donc pas du reste...), pas d'alcool, pas de short ou de chaussures ouvertes, pas de porc évidemment. Et en ces temps de tension entre le monde musulman et les USA, il nous est conseillé de bien montrer que nous somme français, et non américains. Bannis les t-shirts à bannière étoilée ou tout autre symbole du genre. Les seules plages qui nous sont autorisées sont les plages privées des hôtels, bien à l'abri des regards. Enfin, lors de la première rotation de bus vers la ville, le délégué de l'ambassade a dû négocier vivement auprès de la police locale pour que l'on puisse prendre... nos appareils photo !!!
La capitainerie du port de Djeddah. C'est dans ce port qu'arrivent les musulmans venus de la mer via l'Egypte pour le pélerinage de la Mecque, à 40km de là.
Une fois en ville, le dépaysement est au moins aussi grand : un grand souk (le paradis des amateurs de chausures), les hommes en short et sandales, les femmes en chador (la seule mode disponible dans les magasins), les boutiques qui baissent le rideau à l'heure de la prière, et tout le monde qui fait sa prière, chez soi ou dans la rue.
Les loisirs sont limités, les virées en ville ne durent donc pas bien longtemps...
Le temps d'apprendre quelques us du pays (pas le droit de conduire pour une femme, pas de visa si il y a un visa israëlien sur son passeport...) et c'est retour au bateau.
Hors de question aussi d'aller à la Mecque, nous qui ne sommes pas musulmans. Même les musulmans du bord n'ont pas eu le droit d'y aller, nos passeports n'ayant pas de visa (notre statut est assez spécial dans ces cas-là)
La vieille ville
Comme dans le Golfe, une conception de l'art urbain un peu déroutante ...
Bon, faut pas oublier non plus que c'est une escale .... C'est la plage privée d'un hôtel. Pour info, nous sommes le 11 septembre (une date connue?), l'eau est à 30°C ...
Après quelques jours de repos (y'a que ça qui reste), nous nous dirigeons donc vers notre dernière escale de la mission. Terre mythique pour moi, Egypte, me voilà !!!!
Egypte
Dernière escale de la mission, Port Safaga, en Egypte, au bord de la Mer Rouge.
C'est un petit port niché au pied de hautes montagne désertiques. La ville elle-même est presque un désert. Vu de la mer, le plus frappant est le rouge qui inonde le paysage. C'est un paysage tricolore qui s'est offert à nous ce matin-là : le rouge des montagnes s'élevant au-dessus de la mer bleue, le tout surplombé par un ciel limpide. Quelques tâches blanches éparpillées nous rappelaient la présence de quelques habitants.
En se rapprochant, un autre constat s'est imposé : pas la moindre trace de végétation. Il n'y a aucune zone de transition entre la mer et le désert. L'Egypte, réputée pour son Nil luxuriant, nous accueille par l'entrée des artistes, nous rappelle son côté sauvage. En amateur d'histoire que je suis, je voyais cette escale en Egypte comme un Graal, un séjour inespéré pour toucher du doigt ce qui a si longtemps nourri mon seul esprit. Mais il me faudra auparavant franchir le désert.
Bien sûr, les agences de voyage ne se sont pas trompées, et, bien calées dans les pas de l'attaché d'ambassade, se sont empressées de nous proposer des excursions à Louxor.
Moyennant près de quatre heures de bus dans le désert, en longs convois escortés par la police, nous avons donc atteint la vallée du Nil. Au programme : Vallée des Rois, des Reines, temple d'Hapsetshout (ou Hatchepsout je sais plus), colosses de Memnon, balade sur le Nil, visite et son et lumière à Karnak, visite du temple de Louxor, le tout sous une chaleur torride mais récompensé par une nuit au Sheraton de Louxor, agrémentée d'un coucher de soleil sur le Nil, vue depuis la piscine en terrasse de l'hôtel... 2 jours de rêve, une grande leçon d'histoire dans un livre à ciel ouvert, un bonheur total.
Vallée des Rois.
Le temple d'Hatshepsout.
Balade sur le Nil ...
L'entrée du temple de Karnak
De bien étranges bas-reliefs ....
C'est donc le coeur lourd que je suis rentré à bord. Tout comme ceux qui, au cours de cette dernière escale ont, comme moi, visité Louxor ou sont allé plonger (en mer ou dans l'ivresse, voire les deux) à Hurgada, grande station balnéaire située à 60km au nord de Safaga.
Nous sommes mi septembre, il est temps de reprendre la mer et de rentrer à Toulon...