Bienvenue au pays du pétrole. Barhein est un petit royaume du Golfe constitué d'îles, pour quelques kilomètres carrés entre le Qatar et l'Arabie Saoudite. Mais la force de Barhein, c'est son pétrole. Et qui dit pétrole dans le Golfe dit .... Etats-Unis. Manama, la capitale, est le siège de la plus grande base navale américaine du Golfe. C'est chez eux que nous avons fait escale. Mon premier véritable contact avec des vrais américains.

Le port américain se résume à une longue jetée en dur de 500 ou 600m, le long de laquelle sont amarrés tous les bateaux de la coalition en escale : américains, britaniques, grecs, polonais... L'entré de la jetée est surveillée en permanence par un véhicule armé d'un mitralleuse lourde. La base est à quelques pas. Pour y entrer, rien de plus simple : passage dans un sas pour piéton, vérification de l'identité par un soldat en casque lourd et armé jusqu'aux dents (souvenez-vous des GI's qui envahissent vos écrans télé à l'heure des infos...), fouille par un autre de ses collègues, et le tout supervisé par le gradé de permanence... Une fois cette épreuve passée, welcome home boy !!!!
Petits bâtiments de brique rouge, pelouses impeccables, groupes de soldats courant au pas et en chantant, si ce n'était la chaleur on se croirait aux Etats-Unis. D'ailleurs, pas d'autochtones en vus, à part les videurs de poubelles. La monnaie en cours est le dollar. Pas la peine de sortir ses poulouts (surnom donné à la monnaie locale à l'étranger), ils sont bannis ici.La base américaine est donc une petite colonie, où le soldat profite des infrastructures gracieusement mises en place par son administration : piscine, salle de muscu, supermarché, salle internet. Ce brave Oncle sam pense à tout, même à fournir la serviette à son soldat qui vient à piscine, et dans les vestiaires, une espèce de machine semblable à un essore-salade automatique permet de repartir avec un maillot quasi-sec.
Le soldat américain en campagne ne connait pas le pays. Il vit dans son enclos, c'est un colon. Ce qui, forcément, n'attire pas la sympathie de la population locale dans ces régions très sensibles où, des Emirats à l'Irak, "nous sommes tous frères"...

Mais cette vie de reclus n'est pas ma philosophie d'escale. Entre deux scéances de piscine chez les ricains, je me suis donc balladé en ville et découvert cette ambiance si spéciale des pays du golfe, ou les souks cotoient les banques, les riches arabes roulent en Ferrari pendant ques les ouvriers indo-pakistanais (les "pakos") font la manche au bord de la rue ou travaillent sur des chantiers avec 45° à l'ombre.

Un résumé du Golfe : des bureaux et une mosquée, la richesse du pétrole et la religion.