07-06-05
Les Dardanelles, escale à Cannakale
Enfin, après moultes et moultes exercices divers et variés, nous repartons en cette mi-avril vers une des missions les plus légendaires, la Mer Noire.
Et pour atteindre le Mer Noire, il faut passer par les détroits turcs, les Dardanelles et le Bosphore. Au passage, nous avons donc fait escale à Cannakale, à l'occasion de la commémoration du 90ème anniversaire de la bataille des Dardanelles...

Un des forts qui protégeaient le détroit lors de la fameuse bataille
Troie, de la légende à la réalité
Une escale à 30km d'un site aussi prestigieux que Troie, il aurait été dommage de ne pas en profiter...
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"Et toute la plaine était emplie et resplendissait de l'airain des chevaux et des hommes, et la terre retentissait sous les pieds des deux armées..." (Iliade, Homère, chant 20)

"...aujourd'hui, autour du mur solide, éclataient les clameurs de la guerre..." (Iliade, Homère, chant 12)

"...le cheval bien travaillé où nous étions tous entrés, nous, les princes des Argiens, afin de porter le meurtre et la Kèr aux Troiens..." (Iliade, Homère, chant 4)
Cérémonies
Il ne faut toutefois pas oublier la vraie raison de notre escale, les commémorations de la bataille des Dardanelles, il y a 90 ans, en 1915.

Ce jour du 18 mars 1915, une armada franco-britannique essaie de percer les défenses turques des Dardanelles pour rejoindre la Russie alliée. Ce sera un échec, et le débarquement décidé par la suite sur la presqu'île de Galipolli pour tenter par voie terrestre ce qui a échoué par voie maritime n'aura pas plus de succès. La France et l'Angleterre subiront de lourdes pertes, les troupes de l'ANZAC (Australian and New Zealand Army Corps) seront décimées. Cette bataille est un événement majeur en Turquie, cette commémoration comptait donc énormément pour eux.
Nous voilà donc lors de la cérémonie devant le Monument International, prêts à défiler.
Et un peu plus tard, devant le cimetierre anglais.
Notre mission remplie, nous avons donc pu reprendre notre route...
Dardanelles et Bosphore, l'entrée dans un nouveau monde
Quittant Canakkale, nous avons donc franchi les détroits turcs pour rejoindre la Mer Noire

Le monument International de la Bataille des Dardanelles, vu de la mer



Après avoir traversé la petite mer de Marmara, nous arrivons à Istanbul, à l'entrée du Bosphore. Emerveillement pour les yeux, un de ces moments de navigation qui ne peuvent pas s'oublier...
En vrac : la cathédrale Ste Sophie (à droite sur la 1ère photo), des bois d'arbres roses, un pont reliant deux rives d'une même ville, et en même temps l'Europe à l'Asie... mais aussi les mosquées cotoyant les immeubles de verre, les maisons colorées entassées ur les rives du Bosphore, laissant deviner un joyeux foutoir en ville...
Et après à peine deux heure de navigation dans un trafic très dense, un courant très fort et entre des rives assez rapprochées, nous avons déboulé en Mer Noire, but de notre mission, lieu mythique des missions les plus belles (ou les plus enjolivées...)
L'Ukraine, entre communisme et libéralisme...
Notre première escale en cette mer mythique sera donc Odessa, en Ukraine. Une plongée dans les années soviétiques, malgré quelques efforts pour "s'occidentaliser" un peu...

L'escalier Potemkine, qui permet de monter en ville depuis le port.

Et notre fier navire accosté le long de la promenade du port, à quelques encablures du centre ville.
C'est cadeau, un peu de l'atmosphère slave... Et un aperçu des difficultés rencontrées avec l'écriture...

C'est en 2005, mais étais-ce si différent en 1989 ? Et hormis au centre-ville, c'est ainsi partout, voire même pire dans les campagnes, d'après ce que l'on a pu en voir lors d'une excursion dans un petit village alentour (un village-spoutnik comme ils disent...). Où l'on a pu se rendre compte qu'il est possible de mettre 2h pour faire 90km...
Roumanie, le lourd héritage de la dictature
Après notre petite semaine en Ukraine, l'escale qui suit est à Constanta, en Roumanie. Comme en Ukraine, ça sent partout très fort le communisme. Avec en plus l'empreinte d'un dictateur (Ceaucescu), surtout à Bucarest, et avec un développement qui tarde à se faire sentir... Mais partout dans les rues flotte la bannière étoilée de l'Union européenne, comme une bouée de sauvetage pour un pays qui va la rejoindre en 2007.

De Constanta, peu de choses à dire. La simple photo de cette rue du centre ville donne un bon aperçu de tout le dénuement ambiant...
La visite de Bucarest sera plus enrichissante...

Le palais du Sénat, au balcon duquel Ceaucescu a pronocé son dernier discours en décembre 1989, avant que la grogne populaire ne s'empare de ce qui s'appelle la "place de la révolution" et n'en laisse des stigmates encore visibles aujourd'hui...

Le palais de Ceaucescu, immense, imposant, pour lequel le dictateur a fait raser l'équivalent d'un arrondissement parisien en plein centre de Bucarest. Tellement grand qu'il n'entrait pas dans l'objectif de l'appareil (d'où le montage...)


Et enfin quelques exemple de l'art orthodoxe, que je trouve magnifique...
Varna, la transition réussie
Pour notre troisième escale en ex-pays soviétique, on nous annoçait une station balnéaire moderne et accueillante. Après avoir vu les effets du communisme à Odessa et Constanta, on a vraiment douté. Mais Varna a très bien joué la carte du tourisme et a su en profiter.

L'opéra, rouge, au milieu d'une vaste zone piétonne qui descend jusqu'en bord de mer

Le grand parc botanique qui occupe tout le front de mer. Une promenade des plus agréables...
C'est donc dans cette ville bien agréable que se termine notre petite virée en Mer Noire. Reste maintenant à retraverser les détroits turcs pour rejoindre la mer Egée...
La surprise Santorin
Pour rejoindre les Dardanelles à Thessalonique, le chemin le plus court ne passe pas par Santorin... loin de là. C'est pourtant la route que nous avons suivie, le commandant ayant souhaité naviguer en mer Egée durant la journée de transit qui nous restait avant notre escale à Thessalonique, et qui se trouvait être un dimanche...
Santorin est donc un volcan qui a explosé il y a bien longtemps, provoquant son propre effondrement. Le cratère est donc aujourd'hui rempli par la mer et nous avons pu naviguer à l'intérieur...

Le fameux petit chemin des ânes qui monte au village perché en haut des falaises.
Thessalonique, the last
Voici donc notre dernière escale, Thessalonique. Un retour un peu brutal dans une socité occidentale après un mois passé dans les contrées musulmanes puis slaves...

La tour blanche, symbole de la ville.

La statue d'Alexandre le Grand, originaire de la Macédoine, dont Thessalonique est la capitale.
Et après ces quelques jours de repos, nous retournons à Toulon pour une longue période à quai pour entretien du bateau. Prochain grand départ prévu début 2006...




