07-07-04
La croisière s'amuse
C'est par un beau jour de printemps que nous partimes vers des contrées lointaines et inconnues. L'Océan, le grand Océan Atlantique, par-delà des colonnes d'Hercule, sur cette vaste étendue marine sous laquelle, pense-t'on, gît la mythique Atlantide... Quittant les eaux bleues et calmes de la Méditerranée, nous allons affronter l'écume et les tempêtes de l'Atlantique...
Ca pourrait être le début d'un roman d'aventure. Ca a plutôt commencé comme une joyeuse ballade. Ambiance sur le transit jusqu'à Lisbonne...
Atelier musique-lecture-bronzage

Atelier Challenges sportifs

Et le fameux barbecue sur la plate-forme hélicoptère, sans lequel une journée détente n'en est pas vraiment une...
Enfin est arrivé le détroit de Gibraltar : ma première incursion en Atlantique. Le passage d'un dértoit tel que celui-là, dans l'absolu, n'a rien d'un évenement. Tout au plus quelques mesures de protection renforcée du navire, un changement de commandement (passage de la zone Méditerranée à Atlantique) et voilà. Mais Gibraltar, c'est un des passages qui compte dans l'esprit du marin depuis des millénaires. Gibraltar, c'est la sortie de la Mare Nostrum, les fameuses colonnes d'Hercules au-delà desquelles le monde se finit, où vivent des monstres terrifiants... Bien sûr, tout ceci n'a plus lieu d'être aujourd'hui. Mais une fois sur place, ces histoires ancestrales ressurgissent et créent cette ambiance si particulière que l'on peut ressentir au passage du détroit de Gibraltar, entre l'Europe et l'Afrique.

Lisbonne
Notre première escale est Lisbonne, à une semaine du début de l'Euro de football. Une escale superbe, dans une ville agréable, grande, mais qui a gardé sa dimension humaine et a su respecter en son sein la place des espace verts. Lors de mes errances au fil des ruelles, je n'ai jamais eu l'impression d'être en ville. Tout est calme, pas de stress ou d'agitation comme on peut la retrouver dans les grandes capitales. Petits bars, boutiques familiales, restos nichés à l'ombre d'un arbre... C'est vraiment l'ambiance village qui règne. Tout juste sentait-on une certaine animation monter progressivement
avec l'approche de l'Euro, évenement capital dans cette nation de
football.
Et comme partout finalement, il a fallu que je me rapproche des lieux touristiques pour plonger dans l'atmosphère bruyante et peuplée des grandes villes.
La ville vue du Tage.
Cocktail sur le bateau ... en uniforme blanc bien sûr. Représentation oblige ... C'était d'ailleurs la principale raison de notre escale.

Lisbonne, son tramway, son ambiance latine...

L'incontournable Tour de Bélem, symbole de la ville.

Le funiculaire, qui aide à gravir les fameuses 7 collines de la ville

La place du Commerce, avec une exposition de photos d'Arthus Bertrand.
Cette escale à Lisbonne aura donc été l'occasion de découvrir une très belle ville, agréable, accueillante et, une fois n'est pas coutume, reposante. Sorti des sentiers battus du tourisme et du stress moderne, les quartiers de Lisbonne vous enveloppent dans une atmosphère chaleureuse et apaisante comme on n'en trouve que dans le sud de l'Europe... Un vrai régal.
Mais il nous faut poursuivre notre cheminement vers le nord. C'est en Ecosse que nous sommes attendus et la route est encore longue...
Brest
Après Lisbonne, nous faisons escale dans une autre contrée étrangère : Brest.
Je ne m'étendrais pas dessus, c'est pas ma ville favorite. Trop de gris et de béton à mon goût, de mauvais souvenirs, en majorité météorologiques, de mon passage à l'école de Maistrance.
Heureusement il a fait beau cette fois-là. 4 jours de beau temps, un épisode mémorable. Les rues de la ville étaient désertées au profit des plages, et aujourd'hui encore, lorsqu'en discutant je parle de mon passage à Brest pendant une longue période de très beau temps, on me répond sans hésiter : Ah oui, c'était en 2004 !
CQFD...
J'ai moi fait le chemin inverse et me suis enfermé à Océanopolis. Ce fut une visite fort sympathique, c'est le seul point positif que je retire de Brest (je sens que je vais pas avoir que des amis avec des phrases comme ça...).
Vue de la Penfeld.

La rue de Siam.
Nous voilà donc repartis, à travers la Manche et la mer du Nord, vers d'autres aventures. Et notamment une en Manche. Nous avons été déroutés pour porter assistance à un pécheur qui avait une voie d'eau. A croire que les pêcheurs cherbourgeois ne savent pas naviguer avec une mer calme...
Edimbourgh
Notre long transit arrive à son terme. Nous rejoignons le reste de la flotte participant comme nous à l'exercice naval à Leith, le port d'Edimbourgh. L'objet de cette escale est la préparation de l'exercice. Mais ceci ne concernant que les officiers, les marins de base profitent de quelques jours de repos dans la capitale écossaise.
Pour définir Edimbourgh, on pourrait dire que c'est une ville qui correspond à l'image que l'on se fait de l'Ecosse : de la pluie, des pubs, une architecture d'aspect médiéval où l'on s'attend à voir surgir un carrosse à chaque coin de rue. Fouette cocher, à ta suite je me plonge dans le passé...

Une ville dans la campagne... Cette photo est prise sur une colline à l'est de la ville. Au pied de la colline, de l'autre côte, on plonge au coeur d'Edimbourgh.

Une vue parmi tant d'autres possibles de cette atmosphère un peu irréelle, mais si envoutante dans laquelle baigne la ville. Par temps pluvieux (trop souvent disent les locaux), dépressifs s'abstenir...

La ville est dominée par le château, abritant le musée de l'Armée. Où l'on apprend comment les gentils Anglais, avec l'aide des régiments écossais (dont les fameux Highlanders) ont vaincu le méchant Napoléon.
Paradoxe écossais (ou décalage entre la parole officielle et la pensée populaire) : au musée, l'ennemi est le Français ; dans la rue, l'ennemi est l'Anglais (vérifié dans les pubs lorsque, pendant l'Euro en cours, nos footeux bleus ont battu les anglois).

Petit détour par le stade de Murrayfield. Les initiés comprendront.
Orcades
Entre Edimbourgh et la mer des Hébrides, le plus court, c'est le détroit des Orcades. Donc, c'est parti !!!

Le climat est assez inhospitalier, mais il ne faut pas oublier qu'on est très au nord. D'ailleurs le soleil ne se couche presque pas.

Au plus fort de la nuit ...
.... et au lever du soleil.
Une grande bataille navale ...
Le but de notre présence était quand même un grand exercice OTAN. Une cinquantaine de bateaux, 200 avions, un terrain de jeu qui couvrait toute l'Ecosse ...

La NRF ..... NATO Response Force .... Force de réaction rapide de l'OTAN. En bref, si ça pète quelque part, c'est les bateaux qui composent la NRF qui sont envoyés en premier. Cet exercice sert à nous entrainer pour valider toutes les procédures entre bateaux de tous les pays (français, anglais, US, allemands, espagnols, portugais, norvégiens, polonais, belges, hollandais ...).
Petit aperçu de la flotte :
USS Enterprise ...

.... et son escorte.

Le Rhön, pétrolier-ravitailleur allemand
.... dans un cadre enchanteur
Bon, jouer à la bataille navale c'est bien, mais faut pas oublier de regarder autour de soi ... Petits morceaux choisis de la Mer des Hébrides.



J'en ai bien d'autres, mais le mieux c'est d'aller voir sur place non ? ;)
Mais attention, prévoyez les pulls et les imperméables, même en juin il faisait 12°, et les jours sans pluie sont pas si fréquents ...
C'est ainsi qu'après 15 jours de navigation en mer des Hébrides, nous avons pris le chemin du retour ...
Brest, son goulet, et le raz de Sein
Sur le retour, une halte technique à Brest. Quelques heures pour refaire les pleins et repartir, direction le sud.

Dans le goulet, par beau temps (et oui, ça peut arriver ...)

Le soir, en repartant, à la sortie. Le ciel est déjà plus couvert...
Et nous avons repris notre route, en passant au raz de Sein

